Politique  

23.02.2011
Révolution et Démocratie
source: memo.fr

La révolution en Angleterre a été particulière au XVIIe siècle, et a néanmoins instauré la démocratie en Europe :



1) L'absolutisme des premiers Stuarts

Jacques I et Charles I manifestent une claire volonté d'absolutisme et se heurtent à l'hostilité du Parlement, qui se pose en défenseur des libertés anglaises traditionnelles, dites «saxonnes», contre un prétendu «joug normand» perpétué par la monarchie. L'enjeu du conflit d'autorité qui oppose dès lors le roi aux élites propriétaires est à la fois politique et fiscal : il touche aux limites des droits du roi, notamment en matière d'impôts, au pouvoir de contrôle exercé par le Parlement et à l'autonomie des administrations locales tenues par les notables.
Cette opposition se double d'un conflit religieux. Fortement implantés dans la gentry et la bourgeoisie urbaine, les puritains sont partisans d'une religion plus austère et plus respectueuse de l'individualisme que ne l'est l'Église anglicane, avec ses rites démonstratifs et ses évêques. Ils dénoncent dans la politique de l'archevêque William Laud, qui les pourchasse, un retour aux pratiques catholiques.
La maladresse politique du roi rend peu à peu ces oppositions explosives. En réponse à la «Pétition de droit» du parlementaire John Pym, Charles I impose la «tyrannie de onze ans» : le Parlement ne siège pas de 1629 à 1640. La tentative d'implantation forcée du système anglican en Écosse, menée sans ménagement par Laud, conduit à la révolte ouverte.

2) La Grande Rébellion (1640-1660)

La crise permet alors au Parlement (convoqué en 1640-1641 pour consentir l'impôt) d'imposer de nombreux reculs au roi : le souverain doit laisser arrêter Laud et exécuter Strafford, ses principaux conseillers, les plus détestés. Les formes récentes de fiscalité (le ship money de 1635) et les organes de répression judiciaire (Chambre étoilée et Haute Commission) sont supprimés. La Grande Remontrance du 1er décembre 1641 expose la doctrine parlementaire d'une monarchie contrôlée, inacceptable pour le roi. La guerre civile éclate, opposant les «têtes rondes» (partisans du Parlement), nombreuses dans le Sud et l'Est, aux «cavaliers», partisans du roi, majoritaires dans le nord et l'ouest de l'Angleterre.
La première phase du conflit aboutit à la victoire des forces parlementaires à Naseby, en juin 1645, et à l'arrestation du roi, en mai 1646. Puis, de 1646 à 1649, la révolution se radicalise. Les sectes puritaines des «indépendants» font de nombreux adeptes, en particulier dans l'armée. De fait, cette armée puritaine, la New Model Army dirigée par Ireton, Fairfax et Cromwell, convaincue d'être l'instrument de la volonté divine, est devenue la force principale dans le pays. Quand le roi tente de s'échapper en 1648, elle impose au Parlement de le juger, puis de l'exécuter : Charles I est décapité le 30 janvier 1649, à la stupéfaction de l'Europe entière.
Dans le vide constitutionnel ouvert alors s'instaure la «république» : il s'agit en fait d'un régime militaire de dictature personnelle, Cromwell devenant «Lord protecteur» en 1653. Puritaine, la république fait régner un ordre moral très austère. Tout entier fondé sur la personne de Cromwell, le régime ne lui survivra pas. La transmission du pouvoir à son fils, en 1658, est un échec : constatant leur incapacité à établir un régime constitutionnel, le général Monck et les parlementaires survivants rétablissent la monarchie en 1660, au profit de Charles II, fils du roi décapité.

3) La Restauration

Avec Charles II, la prérogative royale est rétablie fermement, appuyée au Parlement par l'aristocratie, qui retrouve son rôle et constitue le parti tory. Le roi met fin au climat d'ordre moral religieux antérieur; il rétablit aussi le monopole de l'Église anglicane : les non-conformistes des sectes puritaines sont frappés de discrimination au même titre que les catholiques. La stabilité retrouvée conforte un grand élan commercial et maritime qui enrichit Londres, reconstruite après le terrible incendie de 1666. Mais une opposition parlementaire hostile à la prérogative royale se constitue à nouveau : les whigs font voter l'Habeas corpus en 1679, en défense des libertés individuelles, et dénoncent l'indulgence du roi envers la France.
Sous Jacques II d'York, qui succède à son frère en 1685, la question religieuse redevient un enjeu politique explosif : le roi est catholique, et il multiplie les «déclarations d'indulgence» visant à rendre tous leurs droits aux catholiques. De plus, ses gestes d'absolutisme mécontentent les notables locaux, qu'il prive souvent de leurs fonctions de juges de paix. Dès lors, tories et whigs, anglicans et puritains font cause commune : quand est annoncée, en juin 1688, la naissance d'un prince héritier, aussitôt fait catholique, une conspiration de parlementaires, d'aristocrates et d'évêques prépare le renversement du monarque.

4) La Glorieuse Révolution

Les conjurés font appel à un prince étranger, Guillaume d'Orange, gendre du roi. La «révolution» est en fait un coup d'État : les troupes de Guillaume débarquent, ne rencontrant aucune résistance ; Jacques II s'enfuit en France. Le Parlement adopte en février 1689 une «Déclaration des droits» (Bill of Rights) conforme à la théorie du contrat de John Locke : séparant les pouvoirs exécutif et législatif, elle fonde la nature parlementaire du régime et garantit l'existence des Chambres ; elle proclame Marie, fille de Jacques II, et son époux, Guillaume d'Orange, conjointement reine et roi d'Angleterre sous le nom de Marie II et de Guillaume III. La question religieuse, déterminante, est réglée par un Acte de tolérance qui confère aux protestants non anglicans (mais non aux catholiques) la liberté religieuse. En 1701, l'Acte d'établissement stipule que le souverain doit être protestant.
La Glorieuse Révolution donne ainsi au pays sa Constitution, et ouvre une longue période d'expansion et de rayonnement international : conquête complète de l'Irlande ; union organique avec l'Écosse en 1707 ; victoires extérieures, avec le très avantageux traité d'Utrecht en 1713 ; essor colonial et commercial, avec la fondation de la Banque d'Angleterre en 1694.



La Guerre d'Indépendance des Etats-Unis : 1775-1783

source : http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/conseq_rev_americ/rev_americ&language=fr&updatemenu=true




La guerre de l'Indépendance américaine fut un conflit armé qui dura huit longues années, de 1775 à 1783. Ce fut également une guerre civile entre sujets britanniques et Américains, ainsi qu'une rébellion contre les autorités coloniales et une insurrection contre le roi d'Angleterre (George III) et le régime monarchique. Ce fut enfin une guerre de «libération nationale», la première de l'histoire moderne. Elle entraîna, dans le seul camp américain, quelque 25 700 morts, ce qui la place au deuxième rang des guerres menées par les États-Unis (après la guerre civile de 1812).

En Amérique du Nord britannique, la Révolution américaine et l'Indépendance eurent de graves conséquences. La Révolution américaine expliquera l'Acte de Québec de 1774 et l'Acte constitutionnel de 1791. Quant à l'Indépendance, elle entraînera non seulement une modification des frontières canado-américaines qui furent considérablement réduites, mais la composition démographique du Canada changera radicalement en raison de l'arrivée de dizaines de milliers de loyalistes américains. De plus, ces bouleversements entraîneront la création d'une autre «province» ou colonie britannique, le Nouveau-Brunswick, et la séparation de la province de Québec en deux colonies distinctes: le Haut-Canada (l'Ontario) à l'ouest et le Bas-Canada à l'est (le Québec). L'Amérique du Nord britannique passa ainsi de trois colonies (Québec, Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve) à cinq (avec le Nouveau-Brunswick et le Haut-Canada).

Au moment de la promulgation de l'Acte de Québec (1774), la population de la province de Québec atteignait les 70 000 habitants, alors que celle de la Nouvelle-Écosse en comptait environ 12 000. Pour sa part, la Nouvelle-Angleterre abritait une population d'environ 2,5 millions d'habitants. Cependant, la Grande-Bretagne pouvait aligner une force militaire impressionnante, supérieure à celle des colonies de la Nouvelle-Angleterre, et bénéficiait au surplus de la plus forte marine du monde. Les Britanniques pouvaient compter sur une armée de 30 000 soldats de métier (disciplinés, expérimentés, bien armés et bien payés) et les meilleurs généraux d'Europe, sans oublier 700 navires de guerre, 2000 navires de commerce pour le transport des troupes et des munitions, ainsi que sur 150 000 marins. Bref, une force redoutable! Dès 1775, en réponse aux initiatives du Congrès continental et des insurgés, George III ordonna à 25 000 soldats additionnels de partir pour l'Amérique.

Du côté des insurgés américains, rien n'était gagné d'avance dans la mesure où ils ne disposaient que de 18 000 à 20 000 hommes inexpérimentés, ne possédaient pas de marine de guerre et ne bénéficiaient que d'un petit nombre de généraux bien formés. Pourtant, ce sont les États-Unis qui gagnèrent la guerre, en enlisant les militaires britanniques jusqu'à l'usure. En 1787, l'union fédérale des États-Unis voyait le jour, alors que les colonies américaines acceptaient de renoncer à une grande partie de leur autonomie locale pour fondre treize colonies indépendances en une seule, ce qui donna naissance à un État central puissant -- les États-Unis d'Amérique -- pouvant tenir tête à la Grande-Bretagne.

L'invasion américaine dans la «province de Québec»



Dès le début de la guerre de l'Indépendance, George Washington crut porter un coup mortel à la Grande-Bretagne en s'emparant de Montréal et de Québec parce que ces deux villes constituaient les bastions britanniques les plus redoutables en Amérique du Nord. Le général américain dépêcha deux armées (commandées par le général Richard Montgomery et le colonel Benedict Arnold) vers le nord afin d'investir la ville de Québec et de conquérir ainsi le Canada, plus précisément la «province de Québec». C'était aussi pour les insurgés (Insurgents) américains une façon de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l'indépendance. D'ailleurs, George Washington s'attendait à ce que les Canadiens se rallient à eux et transforment l'invasion en «guerre de libération».

De son côté, le gouverneur de la province de Québec, Guy Carleton, qui ne disposait que de 1600 hommes -- 357 soldats de l'armée régulière, 450 marins, 543 miliciens canadiens et 300 miliciens anglophones de la garnison -- pour défendre la colonie, savait qu'il ne pouvait vaincre les insurgés américains, supérieurs en nombre (près de 8000 hommes au départ, divisés en deux armées), qu'avec le secours de la population canadienne. Il espérait que sa politique de conciliation allait porter fruit, mais seuls le clergé (avec en tête l'évêque catholique de Québec, Mgr Jean-Olivier Briand) et la noblesse canadienne (les seigneurs) répondirent avec empressement à l'appel des autorités britanniques, la population dans son ensemble y étant restée plutôt indifférente parce qu'elle voyait dans cette guerre une sorte de «bataille entre Anglais». Néanmoins, certains Canadiens aidèrent les troupes américaines (les «Fils de la liberté» ou «Sons of Liberty»), alors que d'autres appuyèrent les Britanniques (les «Tuniques rouges» ou «Red Tunics»).

Les troupes américaines s'emparèrent de Montréal en 1775, mais ils échouèrent quand ils tentèrent de prendre la ville de Québec; les troupes américaines se retirèrent rapidement, avant d'être poursuivies et battues au lac Champlain (à Valcour Island). Néanmoins, les rebelles américains restèrent dans la «province de Québec» jusqu'à l'arrivée d'une flotte britannique, le 6 mai 1776. De leur côté, les Américains furent extrêmement surpris d'apprendre que leurs armées avaient été défaites. Des rumeurs circulèrent aux États-Unis, qui laissaient entendre que l'armée américaine aurait utilisé des méthodes répressives, ce qui avait eu pour effet de faire pencher les Canadiens en faveur des Britanniques, au lieu de rester neutres. En fait, les Américains avaient fait preuve d'amateurisme, parce qu'ils étaient mal équipés et avaient perdu près de la moitié de leurs hommes avant même d'arriver à Québec.

En avril 1776, dans l'espoir de convaincre les Canadiens de se joindre à eux, les Américains envoyèrent à Montréal une délégation, dont Benjamin Frankland faisait partie. La délégation fut vite convaincue que la cause américaine était perdue au Canada. Les Américains comprirent qu'il en coûterait probablement moins cher d'acheter le Canada que de le conquérir par les armes. À part quelques escarmouches autour de Montréal, l'invasion américaine n'eut pas de suite immédiate au Canada, bien qu'elle se soit poursuivie aux États-Unis jusqu'en 1783, soit six ans après la Déclaration d'indépendance de Thomas Jefferson (4 juillet 1776) au Congrès. Entre les mois de septembre 1774 et janvier 1775, quelque 700 miliciens canadiens avaient participé à la défense de la ville de Québec. Les Canadiens de langue française démontraient ainsi qu'il leur était possible d'être à la fois catholiques et francophones tout en demeurant loyal envers la Couronne anglaise, ce qui, à cette époque, semblait impensable en Grande-Bretagne. Cela dit, si les Américains avaient réussi leur conquête de la «province of Quebec», le Canada ferait vraisemblablement partie aujourd'hui des États-Unis.

En juin 1776, la Grande-Bretagne envoya une force additionnelle composée de 10 000 hommes, dont 4800 mercenaires allemands, afin de rétablir et maintenir l'ordre dans sa colonie. Parmi ces mercenaires allemands, environ 1400 s'établiront dans la «province de Québec» à la fin des hostilités et la plupart d'entre eux s'assimileront en épousant des francophones.

La revanche de la France

En 1777, le marquis de La Fayette (1757-1834) -- répondant au nom de Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert MOTIER, marquis de La Fayette -- prit une part active à la guerre de l'Indépendance américaine aux côtés des insurgés; il contribua même à la victoire décisive de Yorktown (6-19 octobre 1781). C'est la bataille de Yorktown, qui marqua la fin des hostilités et constitua une étape décisive pour l'indépendance des Treize Colonies. La Fayette avait auparavant équipé à ses frais un vaisseau de guerre et était venu à Philadelphie offrir ses «services désintéressés». Très lié avec Benjamin Franklin, il fut également le compagnon de campagne de George Washington. Convaincu qu'il était possible de rallier les Canadiens, La Fayette proposa à George Washington d'envahir la «province de Québec» sous les auspices de la France (celle-ci avait massé des troupes aux États-Unis d'environ 8000 hommes sous le commandement du comte de Rochambeau, afin de soutenir les Américains contre les Britanniques); mais George Washington, qui craignait de redonner à la jeune république américaine un voisin gênant, ne souscrit pas au projet. Soulignons que l'effort militaire de la France a été plus grand pour aider les États-Unis à conquérir leur indépendance que pour permettre au Canada de demeurer français. Frédéric de Prusse, dit Frédéric le Grand (24 janvier 1712, Berlin - 17 août 1786, Postdam), avait vu juste sur les intentions de la France, comme en témoigne cette lettre (extrait) adressée à son ambassadeur à Paris: On se trompe fort en admettant qu'il est de la politique de la France de ne point se mêler de la guerre des colonies. Son premier intérêt demande toujours d'affaiblir la puissance britannique partout où elle peut, et rien n'y saurait contribuer plus promptement que de lui faire perdre ses colonies en Amérique. Peut-être même serait-ce le moment de reconquérir le Canada? L'occasion est si favorable qu'elle n'a été et ne le sera peut-être dans trois siècles.

L'intervention de la France souleva, durant un certain temps, de grands espoirs parmi la population canadienne de langue française. Beaucoup de Canadiens se crurent sur le point d'être «débarrassés des Anglais», mais la France avait définitivement renoncé au Canada.

En réalité, la France vit dans l'agitation sociale et la guerre de l'Indépendance américaine une occasion de prendre sa revanche avec l'Amérique et une façon d'affaiblir pour longtemps la Grande-Bretagne. Napoléon poursuivra en 1803 les mêmes objectifs en vendant la Louisiane aux Américains. Au plan diplomatique, le 17 décembre 1777, Louis XVI se prononça en faveur de la reconnaissance de l'Indépendance américaine. La France signa même un traité en 1778 avec la jeune république américaine: le Traité d'alliance éventuelle & défensive (Treaty of Alliance, Eventual and Defensive) conclu le 6 février 1778 et ratifié par le Congrès le 4 mai. Bien que le traité ait été originellement rédigée en français, les plénipotentiaires ont signé les 16 articles «tant en langue française qu'en langue anglaise» («both in the French and English languages»). Dans ce traité, la France s'engageait à ne faire aucune conquête pour elle-même en Amérique. Dans une lettre secrète adressée à son ambassadeur à Philadelphie (alors capitale des États-Unis), le ministre Vergennes avait précisé en soulignant certains passages:

Les députés du Congrès avaient proposé au roi de prendre l'engagement de favoriser la conquête que les Américains entreprendraient du Canada, de la Nouvelle-Écosse et des Florides, et il y a lieu de croire que le projet tient fort à coeur le Congrès, mais le roi a considéré que la possession de ces trois contrées, ou au moins du Canada par l'Angleterre, serait un principe utile d'inquiétude et de vigilance pour les Américains, qu'il leur fera sentir davantage le besoin qu'ils ont de l'amitié et de l'alliance du roi, et qu'il n'est pas dans son intérêt de le détruire. D'après cela,Sa Majesté pense qu'elle ne doit prendre aucun engagement relativement à la Conquête dont il s'agit.

L'objectif était clair: le Canada devait demeurer une colonie britannique afin de constituer dans le voisinage des États-Unis une menace permanente qui les forcerait à demeurer fidèles à l'alliance et permettrait à la France de jouir pleinement des avantages de son assistance politique et militaire, notamment l'acquisition du fabuleux commerce que la Grande-Bretagne pourrait perdre par l'indépendance américaine. Cela signifiait aussi, selon une politique secrète du double-jeu, que la France pouvait empêcher les Américains de s'emparer du Canada. Bref, la France a agi comme tout autre pays: la raison d'État devait primer sur toute autre considération.

L'aide déterminante de la France se concrétisa par l'envoi d'armes, de soldats, de navires de guerre et d'importantes sommes d'argent, sans compter les renforts navals (123 vaisseaux de la Marine royale) de 35 000 hommes, ce qui fera pencher la balance en faveur des Américains. Dans la foulée, Versailles avait déclaré la guerre à Londres et entraîné l'Espagne dans son sillage. C'est au lendemain de la bataille de Yorktown que le francophile Thomas Jefferson rendit hommage aux Français en déclarant que «chaque homme a deux patries: son pays et la France». Rappelons que Jefferson avait été en 1885 ambassadeur à Paris. Cette victoire franco-américaine valut à la France le surnom de «Nourrice d'Hercule». Évidemment, les Britanniques se montrèrent vivement préoccupés par ce retour des Français sur la scène nord-américaine. Même les Amérindiens du Canada démontrèrent une certaine satisfaction de retrouver les Français. En janvier 1780, le général Frederick Haldimand, alors gouverneur général au Canada, écrivait que l'amitié des autochtones pour la Grande-Bretagne «décline chaque jour, particulièrement depuis que les Américains se sont alliés aux Français, avec lesquels ils ont un vieux et tenace attachement». De fait, les Français s'efforcèrent de rallier les Amérindiens à la cause américaine en reprenant leur rôle de «protecteur» et de «pourvoyeur» du temps de la Nouvelle-France. De leur côté, loin de vouloir nouer des alliances avec les Indiens, les Américains entendaient plutôt les exterminer et s'approprier leurs terres.

Cependant, le coût excessif de la guerre plongea la France dans une situation financière délicate et accéléra la crise de la monarchie qui paiera ainsi très cher sa revanche sur la «Perfide Albion»: Louis XVI dut convoquer les états généraux pour réformer les impôts, ce qui entraînera la Révolution française (1789) et la décapitation du roi (1793). Pour sa part, la dette américaine envers la France, qui s'élevait à quelque à 35 millions de francs, contribua à assombrir le climat des relations entre les deux pays.

L'indépendance américaine avait été proclamée unilatéralement par Thomas Jefferson (lire la Déclaration d'Indépendance). Toutefois, pour faire reconnaître dans les faits leur indépendance, les Américains durent entamer une guerre contre leur ancienne Métropole. Le conflit entre la Grande-Bretagne et ses colonies rebelles se poursuivit jusqu'en 1781. La tournure décisive de la guerre n'intervint qu'avec l'entrée en guerre de la France aux côtés des révolutionnaires américains. Puis il faudra le traité de Versailles (1783) pour la confirmation officielle du nouvel État.

Malgré les nombreuses sollicitations lancées vers les Canadiens, tant francophones qu'anglophones, les insurgés américains restèrent très déçus du peu de soutien qu'ils reçurent de leur part. Les habitants du Québec et de la Nouvelle-Écosse restèrent solidaires de la Couronne britannique. D'une part, les francophones venaient de recevoir de précieuses concessions de la part du gouvernement britannique, d'autre part, les anglophones de la Nouvelle-Écosse étaient arrivés depuis peu de la Grande-Bretagne et se sentaient encore anglais. Quant à ceux qui habitaient plus ou moins légalement à Terre-Neuve -- il était alors officiellement interdit de s'installer dans l'île --, ils vivaient loin des soucis de la Révolution américaine et des sentiments patriotiques des Américains pour envisager quelque appui que ce soit.

Une guerre civile entre loyalistes et républicains




Il ne faut pas oublier que la guerre de l'Indépendance américaine fut aussi une guerre civile entre loyalistes et patriotes (ou républicains). Lorsque, en juillet 1776, le Congrès proclama la République, près du tiers de la population des Treize Colonies protesta, car ces opposants considéraient que c'était aller trop loin dans la contestation. Ils voulaient bien l'autonomie, mais pas au point de réclamer l'indépendance! Des milliers de gens dénoncèrent l'attitude du Congrès à tel point que celui-ci se crut obligé d'adopter des lois sévères contre ceux et celles qui risquaient de compromettre le succès de la guerre entreprise contre la Grande-Bretagne.

Les habitants de la Nouvelle-Angleterre se divisèrent entre ceux qui prônaient l'indépendance -- les patriotes ou républicains -- et ceux qui voulaient rester britanniques -- les loyalistes (ou royalistes). Bref, le sentiment d'appartenance à l'Amérique n'était pas encore développé au point de rallier tout le monde. Plusieurs termes ont servi à désigner les antagonistes dans les colonies américaines: Roundhead ou Puritans (pour leurs croyances religieuses strictes) associés aux Whigs, contre Monarchists associés aux Tories. On désigne aujourd'hui les monarchistes par Loyalists aux États-Unis, mais au Canada on a longtemps utilisé l'expression United Empire Loyalists (loyalistes de l'Empire uni).

La révolution prit l'allure d'une véritable guerre civile entre les deux camps opposés. On comprendra qu'aux yeux des républicains les loyalistes puissent être considérés comme des traîtres à la cause américaine. C'est ce qui explique que les loyalistes firent l'objet de violences physiques, de discrimination politique et de mesures de confiscation ou de bannissement. De leur côté, les loyalistes n'étaient pas sans reproches et ils commirent, eux aussi, des exactions contre les républicains. Tous ceux qui s'opposèrent aux ordres du nouveau gouvernement perdirent leurs droits civiques et furent chassés de leurs maisons et de leurs terres. La confiscation des biens des loyalistes -- les terres, les maisons, les troupeaux, les marchandises, etc. -- devint une politique adoptée par tous les États (alors des colonies) et encouragée dès novembre 1777 par le Congrès américain. Cette politique rapporta plusieurs de millions aux trésoreries publiques et servit à défrayer en partie les dépenses de la guerre. Certains loyalistes furent lynchés. Les mots lynch, lyncher et lynchage viennent d'ailleurs de l'anglo-américain to lynch, qui provient de Lynch Law, c'est-à-dire la «loi de Lynch» (1837), un procédé de justice sommaire attribué à Charles Lynch, un planteur patriote de Virginie qui, pendant la Révolution américaine, dirigea un tribunal condamnant à la pendaison les opposants à l'indépendance.

Poussés par la persécution et par leur allégeance à la Couronne, les loyalistes furent nombreux à fuir pour se retrouver en sécurité derrière les lignes britanniques. Beaucoup de loyalistes se joignirent à des unités de milices levées à divers endroits, telles que les Butler's Rangers, les Roger's Rangers, le Jessup' Corps, le King's Royal Regiment of New York, etc. Au total, quelque 50 régiments loyalistes firent campagne pendant la guerre. De façon un peu réductrice, on peut tenter de décrire les loyalistes comme appartenant à des catégories particulières de citoyens: les administrateurs, les pasteurs de l'Église anglicane, les légalistes attachés au Parlement britannique, les riches planteurs, les négociants, les adulateurs de la famille royale, etc. Quant aux patriotes ou républicains, ce fut surtout le lot des gens du peuple, des agriculteurs, des ouvriers, des artisans, etc. En réalité, ce n'était pas aussi simple, car de riches planteurs prirent la cause des républicains et des paysans, celle des loyalistes. Puis les Britanniques finirent par perdre la guerre et ne furent plus en mesure de protéger les loyalistes. La politique de discrimination à l'égard des loyalistes se traduisit par une redistribution des terres et, plus tard, une fuite massive vers la Canada, c'est-à-dire la Nouvelle-Écosse et la province de Québec.


La Révolution Française - 1789"

Voici un autre extrait d'un site très riche en documentation historique :

source : http://membres.multimania.fr/jpmarat/revfrf.html



« L'assaut de la Bastille

Le 23 juin, Louis XVI essaya de disjoindre les trois ordres. Après un discours d'autocrate impuissant, son maître des cérémonies s'attira la réponse cinglante de Mirabeau évoquant la volonté du peuple. Le roi autorisa alors les députés dissidents à rejoindre l'Assemblée nationale ; en même temps, il appela à Paris des régiments étrangers. L'Assemblée en demande le retrait, Necker l'exige. Le roi refuse, s'entête ; renvoie Necker. Le « Parti de la reine » va tenter la résistance. La cour sentit de suite que la force de l'Assemblée nationale ne lui venait pas tant de ses mandats que du concours du peuple. L'Assemblée n'hésite-t-elle pas elle-même à recevoir la première pétition populaire ? C'est à Paris qu'il faut frapper. Déjà, par ses mouvements de rue, intervient ce personnage anonyme auquel on n'avait point songé, le peuple parisien, qui délivre à l'Abbaye des soldats prisonniers, promène en triomphe les bustes de Necker et du duc d'Orléans, assaille les dragons à coups de pierres. Louis XVI a remplacé Necker par Breteuil et concentré 20.000 soldats à Versailles. Mais à l'Hôtel de ville de Paris s'est constitué un gouvernement municipal qui recrute une milice bourgeoise.
L'Assemblée nationale semble devenue déjà étrangère aux événements : le 12 juillet on se bat aux Tuileries contre les cavaliers allemands. La commission de l'Hôtel de ville intensifie l'armement de sa garde nationale. On pille tout à la fois armuriers et boulangers. Le 13, le tocsin sonne. Quand le roi donnera-t-il à ses troupes l'ordre d'attaquer Paris ? A neuf heures du matin le 14 juillet, on enlève aux Invalides canons et fusils : la foule - bourgeois et ouvriers confondus - se porte sur la Bastille, base d'opérations possible des troupes qui prendraient Paris à revers et bloqueraient le peuple entre la porte Saint-Antoine et les Champs-Elysées.
La vieille forteresse bâtie par Charles le Sage pour surveiller la capitale n'était plus guère que prison royale et symbole de l'État que l'on voulait renverser. La place est noire de monde. Les curieux sont venus en foule. La Bastille se défend à peine. Cent morts inconnus parmi les assaillants : qui en parla ? Un crâne célèbre au bout d'une pique : l'histoire a retracé le cortège joyeux qui jusqu'à la nuit promena dans les rues la tête du gouverneur M. de Launay.
Trois jours après, une délégation du Faubourg Saint-Antoine vint demander des secours à l'Assemblée nationale pour les ouvriers parisiens, qui avaient chômé pendant ces heures d'émeute, et lui déclara : « Messieurs, vous êtes les sauveurs de la patrie, mais vous aussi vous avez des sauveurs. »
Bailly, élu maire de Paris, La Fayette élu commandant de la Garde nationale - la bourgeoisie s'organise au pouvoir. Le roi achevant sa reculade, se rend à Paris le 17. Par sa présence dans la capitale, il sanctionnait les résultats de l'insurection du 14 juillet. À l'Hôtel de ville, il fut accueilli par Bailly qui lui présenta la cocarde tricolore, symbole de l' « alliance auguste et éternelle entre le monarque et le peuple ». Le 16 juillet, le roi avait rappelé Necker. La monarchie absolue est vaincue. Qui a vaincu le roi ? La force populaire. Qui entend disposer de cette victoire ? Les forces bourgeoises. Toute la Révolution est là.
Dans les campagnes, on brûle les barrières d'octroi, la nouvelle de la prise de la Bastille met le feu aux châteaux. Partout, l'incendie s'allume. Dans le tumulte général, les brigands redoublent d'atrocités. Les bruits les plus extravagants circulent. On a nommé cela la Grande Peur. Sans doute les paysans vécurent-ils tout à la fois des heures d'enthousiasme et d'angoisse où l'ivresse de posséder un sol libre le disputait à la terreur de le voir à nouveau ravagé. On continue sans trêve de brûler ces livres où, depuis deux cents ans, les féodaux ont pris coutume de faire reconnaître leurs droits. La moindre résistance déchaîne un massacre.
Malheur à qui ne comprend pas que les temps sont venus. Alors, une autre peur traverse la France, celle des riches. Dès la fin de juillet, l'émigration commence. Les nobles qui ont vu les paysans leur parler en égaux et relever la tête ne peuvent supporter un tel spectacle : son horreur les chasse à l'étranger. Dans l'histoire des trahisons dont les classes dirigeantes se sont rendues coupables à l'égard de la nation, cette fuite n'était encore que le moindre dommage qu'elles pouvaient lui causer. Mais bientôt l'aristocratie ne se contentera plus d'avoir peur. Elle passera à l'ennemi. »

Cette révolution sera d'autant plus célèbre qu'elle s'appuie sur un texte inédit en Europe :



source : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp

« LA DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN » DE 1789

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous. En conséquence, l'Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être Suprême, les droits suivants de l'homme et du citoyen.

Article premier
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Article II
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.

Article III
Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Article IV
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Article V
La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

Article VI
La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Article VII
Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.

Article VIII
La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

Article IX
Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi.

Article X
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Article XI
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

Article XII
La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Article XIII
Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés.

Article XIV
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

Article XV
La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Article XVI
Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

Article XVII
La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité. »



Cette révolution politique et sociale est le point de départ pour les autres peuples d'Europe : cet événement a entraîné le « Printemps des Peuples ».

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_des_peuples




« L'année 1848 vit une floraison de révolutions à travers l'Europe, appelées dans leur ensemble le Printemps des peuples ou le Printemps des révolutions. Elles ont généralement été réprimées, mais les conséquences ont souvent été importantes, portant notamment en elles les germes d'une nouvelle révolution voire de l'achèvement de l'unité d'un pays (comme l'Allemagne avec le traité de Francfort, qui échoue en 1849 mais qui porte en lui les germes de l'unification de 1871).

La poussée du libéralisme contre le système Metternich

Le Congrès de Vienne avait restauré les monarchies dans tous les États conquis par la France lors des guerres de la Révolution française ou des guerres napoléoniennes.
Cependant les courants politiques opposés nés de la Révolution, notamment le libéralisme, ainsi que le nationalisme, progressaient. En 1830, Charles X est chassé au profit de Louis-Philippe (instauration d'une monarchie plus parlementaire) en France (Trois Glorieuses) ; la Grèce et la Belgique obtiennent leur indépendance la même année, et les Polonais se soulèvent sans succès en 1830-31 contre l'Empire russe (Insurrection de Novembre).
Le libéralisme de 1848 fut condamné par Pie IX.

La poussée des sentiments nationaux

Tandis que l'unité allemande et italienne s'accomplissent par étapes, l'empire austro-hongrois de la dynastie Habsbourg subit des poussées centrifuges et subit l'hostilité du tsar qui apparaît comme le protecteur des minorités slaves.
* en Italie : dans la péninsule encore morcelée, des révoltes éclatent à Palerme, Naples, en Toscane, dans les États pontificaux, à Milan, etc. Divers souverains accordent des constitutions. Si l'ordre est ramené presque partout (avec des interventions française et autrichiennes), c'est le début de l'unification du pays par le royaume de Piémont-Sardaigne.
* en France : le peuple de Paris se soulève les 23-24-25 février et renverse Louis-Philippe. Les journées de juin suivantes voient les conquêtes sociales largement remises en cause par le nouveau gouvernement bourgeois. La IIe République se termine par le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, mais la royauté est définitivement abolie.
* en Autriche : des émeutes éclatent en mars à Prague et à Vienne. La Bohême est soumise dès le mois de juin, et la capitale en octobre. L'empereur Ferdinand abdique en faveur de son neveu François-Joseph. La faiblesse momentanée de l'Autriche encourage les révolutions hongroise et allemande.
* en Hongrie : le régime féodal est aboli par la Diète. L'indépendance est proclamée en avril 1849, mais la révolte est écrasée en août suivant par l'Autriche aidée par la Russie.
* en Allemagne : des émeutes éclatent à Berlin. Frédéric-Guillaume IV de Prusse refuse la couronne impériale que lui offre le Parlement de Francfort et, suite aux pressions de l'Autriche, la situation antérieure est rétablie en novembre 1850. »


Histoire, Politique


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